Le CNRS
Accueil CNRS
Autres sites CNRS
 
  Accueil > Anciens étudiants > Blevin                                                                                  Vie pratique > Etudiants
 
Publications
Ecophy

Situation actuelle et parcours

 

    

    

 

 

 

Pierre BLEVIN

 

 

 

 

 

Post-doc a l'Institut Polaire Norvegien pour travailler sur l'origine des contaminants en fonction des strategies alimentaires chez les ours polaires

 

THESE

Période : 2015-2018

Responsables : Olivier CHASTEL, Paco BUSTAMANTE (LIENS) et Jan Ove BUSTNES (NINA)

Spécialités : Ecologie, Ecotoxicologie, Ecophysiologie

Université d’inscription : Université de La Rochelle

Titre du sujet : Conséquences physiologiques d'une exposition aux substances perfluoroalkylées, aux composés organochlorés et au mercure chez un oiseau marins Arctique (PDF)

 

 

Résumé du sujet :

A cause d'une anthropisation toujours plus forte des écosystèmes, de plus en plus de menaces pèsent sur la biodiversité. Parmi celles-ci, l'exposition aux contaminants est particulièrement problématique pour les organismes vivants. Emis et utilisés dans les pays industrialisés, ces contaminants hautement persistants dans l'environnement vont gagner les régions polaires puis se bio-accumuler dans les organismes vivants au cours du temps et se bio-amplifier le long du réseau trophique. Ainsi, les oiseaux marins, longévifs et situés dans les maillons supérieurs de la chaine alimentaire, sont particulièrement exposés et vulnérables à une exposition chronique à ces contaminants. A travers une perturbation endocrinienne, ces contaminants vont pouvoir impacter certains mécanismes physiologiques et traits comportementaux, entrainant in fine des conséquences à long-terme sur la fitness des individus et populations. Ma thèse s'articule autour de trois grandes familles de contaminants ; i) les composés perfluoroalkylés (PFASs), encore largement utilisés dans plusieurs secteurs industriels et agricoles et en augmentation dans l'environnement ; (ii) les composés organochlorés dits « d'héritage » (OCs), interdits depuis des années mais entrainants toujours des effets délétères sur la biodiversité et (iii) le mercure (Hg), métal lourd non-essentiel ayant une origine à la fois anthropique et naturelle.

 

Basé sur une approche corrélative in natura, je me suis intéressé aux conséquences physiologiques et comportementales d'une exposition chronique à ces trois grandes familles de contaminants présents chez la mouette tridactyle (Rissa tridactyla) de l'Arctique Norvégien (Svalbard) au cours de son cycle reproducteur (depuis l'accouplement jusqu'à l'élevage des poussins). Spécifiquement, j'ai étudié les relations entre ces contaminants et la fertilité (morphologie et motilité des spermatozoïdes), l'expression des signaux sexuels (visuel : coloration des téguments, olfactif : signature chimique), les comportements de soins parentaux (température d'incubation et rotation de l'oeuf), le vieillissement cellulaire (longueur des télomères) et la dépense énergétique (métabolisme de base). Je me suis également penché sur de potentiels mécanismes sous-jacents permettant d'expliquer ces relations. Puisque ces mécanismes physiologiques et comportementaux sont fortement impliqués dans la valeur sélective des individus, les possibles conséquences à long terme de cette exposition sur la reproduction et survie des individus sont discutées. Ce travail permet de souligner la forte toxicité de certains composés organochlorés « historiques » (en particulier les chlordanes) et d'apporter de toutes nouvelles connaissances sur la toxicité très mal connue des PFASs chez la faune sauvage. Fait important, ce travail de thèse révèle que les PFASs et les OCs pourraient agir de manière contrastée sur plusieurs mécanismes physiologiques et traits comportementaux. Spécifiquement, une forte exposition à l'oxychlordane, un métabolite du chlordane, pesticide interdit depuis des décennies, est associée à des télomères plus courts, une réduction du métabolisme de base et à une moindre capacité à incuber les oeufs. A l'inverse, on observe une élongation des télomères, une augmentation du métabolisme de base et une rotation des oeufs accrue chez les individus les plus exposés aux PFASs. Le Hg, au moins en ce qui concerne les paramètres étudiés, ne semble pas jouer un rôle majeur. Cette étude souligne l'importance de tenir compte de plusieurs groupes de contaminants lorsqu'on étudie les conséquences de l'exposition aux contaminants environnementaux chez la faune sauvage.

 

Cette thèse a été réalisée dans le cadre des programmes Ornitho-Endocrino (Institut Polaire Français, O. CHASTEL) et AVITOX (“Causes and consequences of high loads of biomagnifying pollutants in avian top predators in the Arctic”,  JO BUSTNES, Norwegian Institute for Nature Research).

 

Imprimer Contact Plan du site Plug-ins Accueil

 

 

 
 
 

Centre d'Etudes Biologiques de Chizé